Georges Grard et son fils
À gauche Georges Grard, avec son fils Léopold
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Art et culture

Allainville-aux-Bois

Georges Grard

« Blagagiste ou instit’auteur… un peu poète, beaucoup bohème ! »

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SON ACTIVITÉ

Comme les chats, Georges Grard - alias Geg - a eu plusieurs vies… professionnelles : ancien footballeur, il a été tour à tour ou simultanément écrivain, poète, instituteur, journaliste, éditeur, scénariste, dessinateur de bande dessinée… et même VRP quand il se rend à des salons du livre. C’est devenu fréquent aujourd’hui, pour peu que l’on soit curieux et que l’on ait plusieurs cordes à son arc, mais certains des virages pris le sont à 180 degrés !
C’est Jean Ferrat (excusez du peu) qui le pousse à écrire : alors qu’il adresse une lettre à l’artiste pour lui dire la passion qu’il a pour son œuvre, son humanisme et le remercier de l’avoir aidé à se « construire intellectuellement » (il publie « Merci Jean Ferrat » en 2011 et nous confie que c’est lui qui lui a donné le pouvoir des mots), le chanteur accepte de le rencontrer. Lors de cette entrevue, il lui conseille d’écrire.
C’est ensuite Pef (auteur dont l’un des grands succès est « le Prince de Motordu »), lors d’une intervention dans sa classe, qui le pousse à publier ses écrits. « L’un des élèves m’avait demandé ce que je pouvais faire pour lutter contre le chômage, je lui avais répondu que je pouvais inventer des métiers farfelus. Le lendemain, je suis arrivé déguisé en « blagagiste », un « blagage » à la main, et j’ai raconté des blagues : toute la classe m’a réclamé un métier ! » Georges Grard aime jouer avec les mots, les émotions et, avec la drôlerie qui l’habite, il a le désir de combattre la morosité et d’ouvrir un imaginaire poétique où l’on peut se fabriquer un avenir : l’« Alphabet des métiers farfelus » était né. Pef avait trouvé l’idée géniale. 
Alors il se lance et, en 1999… Avec son père, il fonde sa maison d’édition : Grrr… Art Éditions qui, cette année, fête ses 20 ans ! Aujourd’hui, il est l’éditeur de plus de 200 titres, l’auteur de 80 ouvrages : albums jeunesse, romans pour adolescents et adultes, livres d’humour, bandes dessinées dont les séries à succès « Léo et Lu » ou « La bande à Ed »… Il est même auteur de pièces de théâtre dont l’une s’est jouée (« Pallier de décompression ») durant 3 mois au Théâtre du Gymnase à Paris ! Basé à Allainville-aux-Bois, petit village de 300 habitants, il est le seul éditeur du Sud-Yvelines. Il a créé cette société qui, en matière de distribution, fonctionne hors des circuits conventionnels : « Cela se saurait si le système fonctionnait pour les indépendants ! Malgré la qualité de nos livres et l’intérêt qu’ils suscitent auprès des lecteurs, je ne nous vois pas, ou très peu, en librairie et j’ai pourtant un diffuseur-distributeur national. »
Une thématique lui tient particulièrement à cœur depuis qu’un de ses élèves est venu le trouver en lui disant « On parle de nous mais on ne nous voit pas » : le handicap. « Nous étions en 2005-2006, il n’y avait pas de héros handicapé dans l’univers de la BD « familiale ». Avec Jak, mon complice graphique, nous avons créé la première BD avec DES héros en situation de handicap ! ». En 2007, les premières aventures de « La bande à Ed » sortent. Le succès est immédiat ! « Le monde du handicap se l’est appropriée et Ed et sa bande sont devenus des porte-étendards ! ». En 2009, Georges Grard sort un jeu de cartes questions-réponses « Les handispensables » autour des handicaps et, en 2014, le 1er numéro du magazine trimestriel « L’Handispensable » voit le jour (le no 21 sort en juin). En 2017, Georges et son fils Léopold, par ailleurs rédacteur en chef de L’Handispensable Mag, cosignent « Le grand livre des handicaps » qui restitue le monde des handicaps en 24 chapitres.

SON ACTUALITÉ, SES PROJETS

Outre les 20 ans de Grrr… Art Éditions, l’actualité de Georges Grard, c’est aussi la sortie, en juin, du « Petit Livre des Handicaps ». Comme son grand frère, devenu une référence en matière de handicap, cet ouvrage traite toujours de ce thème mais il est écrit cette fois pour les enfants : les différentes formes de handicaps sont abordées sous forme de contes, fables, histoires vécues, avec de l’humour, des jeux, des témoignages, des conseils, des confidences, des portraits, des actions à réaliser, des blagues, des connaissances à acquérir… Un ouvrage qui n’existait pas encore dans la littérature jeunesse.

Même s’il a arrêté l’enseignement en 2010 et qu’il ne lui reste « plus que » 3 casquettes, celles d’auteur, de journaliste et d’éditeur, pas simple - comme pour tout bon artisan (d’où GRRR… Art !) - d’être sur tous les fronts. En tant qu’ancien footballeur, il le sait, pour gagner la partie : il faut bien occuper le terrain. Alors, il écrit, il édite, il prend son bâton de pèlerin et il sillonne la France pour se rendre à de nombreux salons du livre pour faire connaître les ouvrages publiés par sa maison d’édition. Pour 2019-2020, il a encore de nombreux projets phares avec les sorties : en octobre du tome 5 « Les Trois Pirates », ou encore, un peu plus tard, du tome 9 des « Léo et Lu », de la BD « La dernière couleur fut le rouge »…
À titre personnel, il y aura également le « seule en scène » qu’il a écrit pour Cindy Lopes.
Alors oui, vous l’aurez compris, quand on est un auteur prolifique, ouvert à différents styles, passionné par son métier, amoureux des mots et que l’on met du cœur à l’ouvrage, on a beaucoup de projets !

MES ENDROITS PRÉFÉRÉS SUR LE TERRITOIRE

Là encore, pas de problème d’inspiration, ils sont nombreux ces lieux où Georges Grard aime se rendre ou se promener… même si certains sont pour le moins insolites !
- La Maison Triolet - Aragon à Saint-Arnoult-en-Yvelines : normal me direz-vous, pour un auteur, d’aimer une maison d’écrivains. Au-delà de la symbolique, il aime le lieu, magique, la propriété, le moulin qu’on pourrait croire « habité ».
- Le Centre Technique de Football à Clairefontaine-en-Yvelines : pour un ancien footballeur et entraîneur de jeunes joueurs, là encore, assez logique. En tant que journaliste sportif, il a aimé s’y rendre pour assister aux entraînements, y interviewer de grands joueurs ou entraîneurs.
- Poigny-la-Forêt et son massif forestier : pour ses champignons… même s’il ne vous donnera pas son coin !
- Et, dernier lieu mais non des moindres… le cimetière d’Allainville-aux-Bois car il adore visiter les cimetières !
« Ce sont des lieux qui me passionnent, m’interpellent : un cimetière c’est un no man’s land, un endroit anachronique. Les plus beaux cimetières se trouvent en Écosse mais j’aime déambuler au cimetière du Père Lachaise à Paris… ou me rendre au cimetière d’Allainville ! Je suis un fou d’épitaphes, ces sentences ou réflexions inscrites sur les tombes prouvent que l’Homme a toujours le dernier mot, non ? »

L’actualité de Georges Grard et de sa maison d’édition sur www.grrrart-editions.fr

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